> Solaris

Un projet de Thierry Guibert


SOLARIS

Il s’agit d’un projet de disques graphiques qui sont joués sur des platines de DJ (Disc Jockey) modifiées. En remplaçant les têtes de lectures de platines vinyles par des micro-cameras, nous obtenons un flux d’images mobiles qu’un programme informatique interprète comme du son. Ici, le disque rejoint la partition, l’espace visuel devient un espace sonore. Le dispositif au complet (électronique et logiciels) est actuellement en cours d’expérimentation avant d’envisager la phase de construction. Il a été imaginé pour une utilisation de type performance audiovisuelle aussi bien que pour une exposition en galerie lors de laquelle le spectateur pourrait écouter nos disques graphiques. Avec la numérisation généralisée des médias, les images et les sons trouvent un « terrain d’entente » ou encore un plan d’existence commun. Traduits par l’encodage binaire, ils existent désormais dans des espaces numériques (la mémoire des ordinateurs). Ils deviennent alors reproductibles, modulables et connectables à l’infini. C’est-à-partir de ces nouvelles propriétés inhérentes aux objets multimédia que nous avons décidé d’expérimenter la relation son/image. En dessinant, en peignant ou encore en générant directement nos disques graphiques par des logiciels spécialement conçus pour le projet SOLARIS, nous faisons l’expérience ; d’un art visuel en mouvement (qui n’est pas sans rappeler les rotoreliefs de Marcel Duchamp ou des formes décomposées des futuristes mais aussi des collages de Christian Marclay), d’une forme d’écriture abstraite, d’une musique générée par l’image, de l’invention d’une nouvelle platine disque plus lente et plus rapide qu’une platine classique mais surtout capable de « voir ». Si dans un premier temps, la relation couleurs/fréquences peut servir de base de correspondance entre l’image et le son, d’autres propriétés sont à prendre en compte : vitesse, mouvement, éclairage, échelle réduite de composition plastique, espace circulaire, sens de rotation, modèles de composition sonore. A travers cette liste, on entrevoit déjà la nature complexe de ces objets fondamentalement hybrides.

Générique

Thierry Guibert

Thierry Guibert, Emmanuel Hourquet

Jean-Baptiste Thiebaut, Thierry Guibert

Dominique Leroy / Ecos_Bling, lutherie/recyclerie

Programmation sonore (Jean-Baptiste Thiebaut) : Pure Data, Max/Msp, OpenFrameWorks

Programmation graphique (Thierry Guibert) : Processing

Création et retouche d’images (Emmanuel Hourquet) : suite Adobe

Biographie de Thierry Guibert :

Enseignant et chercheur à l’Ecole Européenne Supérieure de l’Image(EESI), il est encore doctorant en arts visuels et médiatiques à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et membre du Centre Interuniversitaire des Arts Médiatiques (CIAM), Montréal, Canada. Thierry Guibert est un artiste en arts médiatiques dont la réflexion et la production portent principalement sur le cinéma et l’informatique. Auteur et programmeur, ses installations et ses films ont fait l’objet de plusieurs exposition en France et à l’étranger : Portobello Film Festival (Londres, Royaume-Uni), Update (Gand, Belgique), Emirates Film Competition (Dubaï, Emirats Arabes Unis), Medium = Message (HISK, Anvers, Belgique), Jouable (Genève, Suisse). Il prépare actuellement une thèse à l’UQAM qui porte sur les mutations techniques et esthétiques de la machine-cinéma à travers la machine-computationnelle.